Brest
Déjà place forte pendant le Bas-Empire romain, la forteresse, établie à l'embouchure de la Penfeld prit davantage d'ampleur à partir du Moyen Âge. Objet de toutes les convoitises, la ville est âprement disputée par les Bretons et les Anglais qui la gardent dans leur escarcelle durant 55 ans, en dépit de tous les assauts tentés par les Français ! Mais il faudra attendre Louis XIII et surtout son cardinal Richelieu pour que, en 1631 soit érigé un arsenal. Sa vocation militaire se renforce, en 1683 Vauban y ajoute son grain de génie, poursuivant ici son œuvre de fortifications. Devenu premier port de guerre du pays, Brest s'affirme comme puissant port d'armement sous le Second Empire. Les Allemands l'ont bien compris, ils l'occuperont jusqu'à l'été 44 faisant sauter toutes leurs installations avant la reddition. 165 : c'est le nombre de bombardements Alliés qui réduisit Brest à l'état de décombres fumants. Puis vint la reconstruction : 15 ans de travaux qui la transforment totalement, l'aplanissent, lui taillent un plan en damier, érigent des immeubles sans grande grâce. Pourtant, oui, elle a le charme des ports et, tout de même, quelques rares mais beaux restes ! À commencer par le château de la Marine partiellement reconverti en un formidable musée maritime , forcément. Et puis, il y a la rue de Siam, la principale artère, dont le tracé remonte à Vauban, tout comme l'ancienne Grand-rue, l'actuelle rue Louis Pasteur. Et puis, Tanguy, cette grosse tour bien joufflue, au pied de laquelle s'étire le vieux quartier de Recouvrance, narré, entre autre, par Chateaubriand et Mac Orlan, sublimé par le peintre Turner. On s'arrête devant la maison de la Fontaine, la plus ancienne de Brest. On déambule dans le jardin des Explorateurs qui raconte les grandes expéditions maritimes du XVIIIème siècle. Et l'on dévale l'escalier de la Madeleine pour arriver sur la rue de Saint-Malo, partiellement retapée grâce aux formidables efforts de l'association Vivre la rue. Pour un peu, l'on entendrait le pas d'un charpentier de marine battant le pavé. Un regard vers le pont levant de Recouvrance, une photo aux élégants haubans du pont de l'Iroise, une visite à l'aquarium Océanopolis , une balade au cœur de l'animation du quai Commandant-Malbert : Brest mérite bien son nom de Métropole Océane.
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